Stéphane RAVIER : « Le jour du Jugement Dernier est arrivé »

Devant quelques centaines de militants, Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône et Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, tenaient meeting au Parc Chanot ce vendredi 6 mars. Un discours enflammé où le leader marseillais du RN a comparé la fin de l’ère Gaudin au Jugement Dernier, où les « purs » finiraient par triompher sur les politiciens corrompus, laissant entendre que son parti allait enfin conquérir la ville. Un discours sur un registre apocalyptique où le RN/FN dresse le bilan catastrophique des trois mandats de Jean-Claude Gaudin, le rendant responsable de tous les maux de la ville : l’insécurité, le manque de propreté, la fracture sociale et territoriale, le clientélisme, la corruption….Une lecture sévère de l’ère Gaudin qui n’est finalement pas si éloignée de celle dressée par les oppositions de gauche, même si les solutions proposées par le RN diffèrent. Stéphane Ravier promet ainsi aux Marseillais-e-s de sortir de « l’enfer Gaudin » et de rentrer dans une nouvelle ère, où l’identité marseillaise et l’identité française se reconstruirait sur un mode fusionnel.

Stéphane RAVIER : « Martine Vassal et ses amis »

Le leader marseillais du Rassemblement national ne croît pas au renouvellement de la droite locale. A contraire, selon lui, Martin Vassal est non seulement l’héritière directe mais aussi la coresponsable de ce qu’il qualifie « d’incurie » de l’expérience Gaudin. L’essentiel des attaques de son discours a d’ailleurs porté sur la droite marseillaise qu’il qualifie de « maffieuse », n’envisageant avec elle aucune alliance. Même Valérie Boyer (Les Républicains), dont les positions sur l’immigration et l’islam sont parfois proches du RN ne trouve pas grâce à ses yeux. A gauche, le leader local du RN s’en est surtout pris à Samia Ghali, qu’il présente comme une « fille du FLN ». L’évocation du nom de la sénatrice socialiste a provoqué plusieurs « salves de sifflements » parmi les militants RN présentes lors du meeting. Quant au Printemps marseillais, il a été comparé par le leader local du RN à un rassemblement de bobos de gauche et de radicaux d’extrême gauche. En somme, le RN se présente comme la seule alternative crédible à l’héritage gaudiniste, annonçant l’avènement d’une nouvelle ère politique marseillaise.

La laïcité franco-marseillaise selon Stéphane RAVIER

Le leader local du RN s’est lancé dans un vibrant plaidoyer pour la défense de la laïcité française. Pour lui, Marseille doit être une ville « laïque » mais aux racines grecques et surtout chrétiennes sous la protection de la « Bonne Mère » qu’il convient de défendre face à l’islamisation. Stéphane Ravier a reconnu toutefois l’apport des « autres migrations » à la culture marseillaise, notamment arménienne, italienne et pied-noire (vifs applaudissements dans la salle), tendant ainsi la main aux nouvelles migrations (sous-entendu africaine, comorienne et maghrébine) qui selon lui éprouvent des difficultés à se sentir complètement « françaises ». Dans un registre assimilationniste, il a donc appelé les jeunes issus de l’immigration à se fondre à la fois dans le creuset français et le creuset marseillais, faute de quoi ils doivent rentrer chez eux. A ce propos, il a dénoncé la présence de drapeaux étrangers sur la Canebière lors des événements sportifs (faisant notamment allusion aux binationaux franco-algériens) et les tendances à l’islamisation qui traversent les quartiers populaires. En somme, Stéphane Ravier défend une conception d’une laïcité qui loin d’être neutre consacre la suprématie d’une religion (le christianisme) sur toutes les autres, loin de l’esprit universaliste des pères fondateurs de la laïcité française. On notera toute de même une certaine inflexion dans son discours de la « main tendue » aux jeunes marseillais descendant de l’immigration comorienne et maghrébine, néanmoins très ambivalente, dans la mesure où il entend que ces derniers ne seraient pas complètement français et marseillais.