Samedi 14 mars, à la veille du premier tour des élections municipales, le Club Controverses & Perspectives organisait à la libraire Maupetit une conférence-débat sur les relations entre clientélisme et cosmopolitisme à Marseille, avec pour invités le sociologue-militant Said Bouamama et le sociologue Cesare Mattina (Université d’Aix-Marseille). Il est vrai que la rencontre s’est déroulée dans le climat un « peu spécial » de la crise sanitaire et de la fin de la campagne des élections municipales, marquées par les émotions et les passions citoyennes. Devant un public engagé, les deux sociologues ont analysé avec beaucoup de finesse une autre forme de confinement : l’assignation à résidence communautaire des habitants des quartiers populaires, contribuant ainsi à déconstruire le mythe du cosmopolitisme marseillais. En vidéo de 42 minutes :

Pitch de la conférence : ” Le mythe persistant du cosmopolitisme marseillais recouvre une réalité plus complexe. Marseille est en effet une ville divisée entre quartiers nord et quartiers sud -un euphémisme pour distinguer les arrondissements majoritairement habités de « blancs » des autres secteurs où vit une grande partie de la population issue de l’immigration maghrébine et africaine. Ces territoires sont particulièrement sous équipés en matière de transports, de culture, de santé, etc. Et la jeunesse qui y vit est violemment discriminée, notamment en matière de formation, d’emploi, de logement, etc.
Mais, malgré ces inégalités flagrantes, la question de la ségrégation ethnico-culturelle est éludée dans le débat public. Pourtant, la façon dont on fabrique et hiérarchise la population marseillaise en fonction de son origine ethnique ou de sa religion est édifiante. “