Le 15 février 2020 nous avons interviewé le président local des Radicaux de gauche (RG), Ahmed Heddadi, lors de la soirée d’inauguration du QG du Printemps marseillais au 2 rue Friedland à Marseille 6ème. Cet entretien a été l’occasion de recueillir son avis sur la place accordée à la pluralité culturelle, sociale et territoriale sur les listes du Printemps marseillais (PM). Diversité réelle ou diversité cosmétique ? Pluralité marketing, le temps de la campagne, ou avancée politique significative pour le prochain mandat municipal ? A cette question, Ahmed Heddadi répond que le PM a fait un véritable effort pour ouvrir ses listes à la pluralité, sans pour autant tomber dans une logique de quotas ethniques, privilégiant davantage la motivation et le sens de l’engagement des candidat.e.s qui, pour la plupart, ne sont pas issu.e.s des appareils partisans. Selon lui, la composition des listes du PM aurait davantage reposé sur la motivation des candidat.e.s à s’engager pour leur ville que sur la volonté d’afficher à tout prix « un arc en ciel ». De plus, les listes du PM auraient été arrêtées après une large consultation démocratique où « tous candidats pouvait s’inscrire par internet au moment des consultations ». Répondant aux critiques sur le manque d’ouverture des listes du PM aux candidat.e.s issues des quartiers populaires, Ahmed Heddadi entend rappeler que « jamais une liste potentiellement gagnante n’a autant fait de place à la représentativité ». Mais il est vrai qu’au-delà du cas du PM, la présence des candidat.e.s issus des quartiers populaires et tout particulièrement de celles et ceux issu.e.s des migrations maghrébines, ouest-africaines et comoriennes reste problématique à Marseille, alors qu’elle aurait tendance à se banaliser dans les autres grandes agglomérations françaises. A Marseille, la diversité serait davantage une réalité sociale tangible, voir un produit d’appel pour touristes (la fameuse carte postale : « OM + MUCEM + calanques »), qu’une réalité politique. Pour anecdote, le Rassemblement national présente en seconde position sur la liste du 8ème secteur Areski Selloum, comme un pied de nez électoral à celles et à ceux qui l’accusent de xénophobie et de racisme. Au final, la seule avancée majeure matière de diversité sociale, culturelle et genrée dans une ville dominée par un patriarcalisme politique enraciné (la figure paternelle du maire tutélaire) pourrait être l’élection de la première femme maire de Marseille depuis que Louis XV a créé la fonction en 1766. Le Roi avait alors nommé Balthazar Fouquet de Jarente en qualité de premier Magistrat de la ville. A ce propos, Ahmed Heddadi reste convaincu que l’élection d’une femme à la mairie de Marseille sera porteuse de nouvelles espérances politiques, contribuant à réduire les fractures sociales et territoriales qui ont été délibérément entretenues et approfondies par les municipalités précédentes.